Marches, étymologie du nom

De nos jours, le mot « marche » a quasiment disparu du champ sémantique de la frontière. En effet, il faut associer les deux mots marche et frontière pour éviter la confusion avec ses homonymes aujourd’hui plus courants, marche (à pied), marches (d’un escalier). La toponymie garde trace du mot comme en témoignent quelques régions et les innombrables villages de Marches, La Marche, Les Marches, Lamarque, …

Le nom commun quant à lui n’est plus guère employé que par les historiens.

Le Robert indique que le sens premier de marche provient du francique marka. Anciennement Province frontière d’un État et spécialement district militaire établi sur une frontière pour repousser une éventuelle invasion.

D’origine germanique, marka : frontière, est attesté au VIIIème  siècle  sous une forme latinisée, marcha, marca. A partir du siècle suivant, ce nom est donné aux territoires récemment conquis et constituant une sorte de halo militarisé autour de l’empire carolingien. Le commandement en est confié a des hommes de confiance, dont le pouvoir à la fois civil et militaire jouit d’une certaine indépendance, pour réagir rapidement aux attaques ennemies. Ils portent le titre de mark-grave qui a donné margrave (Florence PLET, maître de conférence en langue et littérature médiévales – mai 2004).

Les marches apparaissent dans l’empire carolingien où elles se succèdent presque sans interruption. Le titre de margrave a été créé par Charlemagne au profit de ses lieutenants dans les marches frontières. (Encyclopaedia Universalis).

 

Le chemin de ronde

Origines

La place forte dont subsistent quelques vestiges des remparts était établie sur la partie haute de la colline. Le chemin de ronde longeait la base des remparts.

Selon les archives départementales, il était utilisé par des sentinelles pour observer toute la vallée du Rhône et guetter les dangers d’invasion.

Aujourd’hui il subsiste un cheminement réservé aux piétons. Sur une partie de son tracé, ce chemin surplombe le lotissement de la Drevetière et les habitants de ce secteur l’empruntent pour se rendre au commerce du village.

Ce chemin a un caractère « patrimonial » pour notre commune et les Marchois sont attachés à ce site. Le terme de « Chemin de Ronde » a d’ailleurs été choisi comme intitulé de notre bulletin municipal.

La mise en valeur du chemin de ronde

Le conseil municipal a décidé de mettre en valeur ce témoin silencieux du passé. L’objectif est d’une part de l’intégrer dans le réseau de cheminements doux prévu dans le PLU et d’autre part d’en faire un site attractif pour les visiteurs du village. En effet, tout au long de son parcours, il offre des points de vue exceptionnels puisqu’il entoure les deux tiers du village. Il propose des perspectives lointaines depuis les collines du Pays de Romans au Nord jusqu’à à la plaine Valentinoise, et la Raye au sud en passant par les Monts du Vivarais à l’Ouest.

La mise en valeur va porter sur deux points essentiels :

    L’aménagement physique du cheminement
    Une signalétique complète à caractères géographique, historique et anecdotique.

 

a) L’aménagement physique

 

L'aménagement de ce cheminement a fait l’objet de travaux dont la commune a confié l’exécution à l’ADCAVL (Association de réinsertion). L’emploi de la pierre d’Eyzahut en pavage et du polienas soulignent le caractère patrimonial du chemin de ronde.

b) Une signalétique pédagogique

L’indication de l’accès au chemin de ronde

            Afin d’inviter les visiteurs à emprunter ce cheminement, les accès au chemin de ronde sont mis en évidence par la pose de 3 panneaux :

    le premier  au fond de la place Raymond CHOVIN, à proximité de la mairie,
    le deuxième sur la place du 19 mars 1962,
    le troisième à proximité de la statue de Notre Dame du Salut.

Des panneaux explicatifs

Panneau n° 1 : les Cisterciens

Dans ce premier panneau, il faut signaler la présence d’un ordre religieux de première importance qui a favorisé et développé notre territoire : les Cisterciens.

Les Cisterciens ont été présents sur notre secteur du XIIIième au XVIIième siècle. Cet ordre s’installe à Léoncel en 1137 où ils entreprennent la construction de l’église abbatiale. En 1194, l’abbaye de Léoncel fusionne avec la communauté laïque de la Part-Dieu (commune de Chatuzange le Goubet). Ils descendent par le Col de Tourniol, traversent Barbières (où ils passent sous le château du Pelafol) puis Marches et rejoignent la Part Dieu où ils séjournent de «de la fête de St André jusqu’à Pâques» afin d’échapper à la rudesse du climat montagnard.

L’ «abbaye de la part Dieu » va connaître une indéniable prospérité. Les Cisterciens vont contribuer au développement de la contrée : défrichage, mise en valeur des terres, irrigation et développement de l’agriculture : culture des céréales, plantation d’arbres fruitiers (noyers, amandiers), sériciculture, pâturages- élevage- vignobles), commerce de la viande, des peaux, de la laine, du vin.

Panneau n° 2 : le chemin de ronde témoin de l’histoire

Ce panneau sera consacré aux multiples passages de troupes guerrières. Le chemin de ronde a été le témoin des guerres épiscopales de 1225 à 1358 (Traité de Lyon) : guerre entre les Evêques de Valence et de Die et les Nobles (famille Poitiers) qui se disputaient nos terres. Le village voisin de Charpey a été mis à sac par les troupes belligérantes.

En 1349, la couronne de France rachète la principauté Delphinale.

Entre 1447 et 1456, le Dauphin (le futur Louis XI, fils de Charles VII) achève l’organisation du Dauphiné tant du point de vue territorial (annexion du Valentinois) qu’administratif. Prince infatigable, rustre et intelligent, le futur Louis XI avait pour habitude de « loger chez l’habitant sans s’annoncer ». Lors de ses déplacements il a anobli plusieurs paysans drômois qui l’ont sauvé d’agressions d’animaux (ours, loups).

Après la guerre de Cent Ans, les guerres d’Italie (1494-1559) ont fait l’objet de grands rassemblements de mercenaires : on parle de 14 000 mercenaires qui pillaient, violaient, tuaient. Les nobles et le clergé devaient payer pour se débarrasser de ces troupes sauvages.

Enfin, les guerres de religion (catholiques et protestants se sont battus avec cruauté sur nos campagnes.

Panneau n° 3 : l’arrivée du « Tacot »

Evènement Marchois du Second Empire : en 1891 la construction d’une voie ferrée qui relie Romans à Valence en passant par Marches où est construite une gare. C’est là que va se développer le quartier de la Gare.

Pendant 41 ans les Marchois ont emprunté ce moyen de locomotion « moderne » qui reste très présent dans la mémoire collective des vieux marchois. De nombreux témoignages ont été rassemblés dans le livre imprimé en 2008 : « Je me souviens de Marches ».

Ce train va développer l’économie locale, les échanges mais aussi la venue sur notre commune des célèbres chauffeurs de la Drôme, dangereux individus qui ont emprunté le tacot pour exercer leurs méfaits dans les fermes isolées.

Panneau n° 4 : histoire de la construction de l’église St Barthélemy

Disposé sur la place Raymond Chovin, à proximité de la nouvelle mairie ce panneau sera consacré aux péripéties qui ont précédé à l’église du village, située juste en face. L’église actuelle a été bâtie sur l’emplacement d’une chapelle romane (voir croquis) démolie en 1880. La vétusté et l’état de délabrement de cet édifice rendaient dangereuse la célébration du culte dans son enceinte et sa restauration impensable.

De cette chapelle subsistent un bénitier taillé dans la pierre, d’un poids de 80 kg et une cloche donnée en 1604 par François de Broêt, conseiller au parlement de Paris. Un de ses ancêtres avait acquis Marches en 1582. François de Broêt revendit ce bien en 1612.

Il faudra près d’un demi siècle de mobilisation (1er plan daté de 1851, réception des travaux en 1891), de sacrifices  et d’efforts aux  marchois pour mener à bien  ce projet (l’administration supérieure estimant trop important le devis de reconstruction au regard de la population).

Lors de la procession du 15 août 1944, à la fin de la seconde guerre mondiale, les marchois ont fait le vœu d’ériger une statue de la vierge pour la remercier de sa protection. En effet, les bombardements avaient épargné le village de Marches.

Le 15 août 1950 a eu lieu la consécration de ce monument. La statue qu’il supporte a été dénommée Notre Dame du Salut.

 

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